les lycées

lycée Jean Renoir Bondy
Classe de seconde


Dominique Blanckaert (lettres) et Maxime Seguin (histoire-géographie)

 

le titre de la photo: Désert

le titre de la photo: 2 cookies

le texte d’intention :
  Classe de seconde générale (30 élèves : 24 filles, 6 garçons)
(remarques relevées pendant les séances consacrées à la photographie et bilans écrits des élèves en fin de parcours)
Dans ce projet, mené sur 4 mois, nous avons appris l’histoire de l’image, de la photographie, comment on peut regarder des photos, comparer des visions et, finalement, prendre des photos nous-mêmes, choisir parmi elles, les commenter, en particulier en fonction du critère « hors-champ ». On se demandait pourquoi faire tout ça alors que des photos, c’est la réalité ou pour s’amuser, en faisant des grimaces par exemple.

Nous avons d’abord réalisé des autoportraits avec contexte, ou des portraits de gens connus de nous. Peu d’entre nous l’ont fait car ça ne correspondait ni au x cours de français ni à ceux d’histoire-géographie.
Nous avons cependant commenté en classe pour voir ce que les élèves avaient voulu dire de leur vie, de leurs goûts, par ces quelques éléments sur l’image.
Puis, nous avons comparé en classe oralement différentes intentions sur des photos de presse après le séisme à Haïti (y compris des « hors-champ »).
Pour nous approprier le thème du concours de cette année, nous avons analysé les différents « hors-champ » des photos proposées pour préparer le concours.

Pour passer à l’action, à la pratique, nous avons fait un parcours dans la ville de notre lycée : Bondy en Seine-Saint-Denis. Nous trouvions qu’il n’y avait rien qui méritait d’être photographié, puis nous avons pris quand même pas mal de clichés insolites que nous avons ensuite classés, commentés et justifiés. Ca nous a appris à regarder et à découvrir différents regards ou visions sur les choses.
Nous avons sélectionné des photos qui pouvaient convenir pour « hors-champ » et nous avons fait une séance d’écriture sur cette sélection pour apprendre à ne pas énumérer seulement, ce qui est sur la photo. Puis nous avons fait la même chose sur un parcours parisien.

Nous avons alors décidé de proposer «un hors-champ» de banlieue : ce qui se rencontre au coin d’une rue et rompt la monotonie : « l’illusion d’irréalité » a dit l’un d’entre nous. L’autre photo, prise dans Paris, montre comment se rencontrent un monde connu de nous : les cookies (notre enfance, en particulier) et un monde plus irréel : des allées d’arbres taillés et des immeubles haussmanniens, en reflet bleuté.
La sélection a été difficile, mais nous vous envoyons ce que nous avons finalement élu.

Au départ, nous ne comprenions pas à quoi servait de faire des photos de cette façon, puis d’en parler en classe. Finalement ça s’est révélé plutôt intéressant et inattendu, y compris la promenade-photo dans notre ville. On aurait même bien aimé en faire d’autres dans Paris avec d’autres thèmes On a réussi à dire des choses plus intéressantes que ce qu’on croyait. Mais certains sont restés de côté, ne voyant pas pourquoi on commentait des photos.

Deux cookies, deux mannequins généreux posent sur un grand fond bleu.
Deux cookies qui nous questionnent
L’un des deux, comme un modèle, veut avoir le beau rôle, attirer toute l’attention
Alors, il passe devant l’autre avec ses formes abondantes.

Mais sûrs d’eux, les voici maintenant confrontés aux concurrents,
Les mannequins filiformes, ceux qui les attendent en faisant la haie, dans le fond.

S’il faut rivaliser de minceur,
On sait bien qui sera vainqueur.

Rouler à l’intérieur d’une Mercedes, traversant un magnifique paysage,
le temps d’un rêve.
Parcourir des kilomètres de sable chaud, de palmiers, sous un ciel ensoleillé, dans une voiture luxueuse pour aller à la plage d’une île paradisiaque, et se baigner dans une eau claire et chaude.
Le temps d’un rêve …
Pas ordinaire pour les habitués du bitume.

la démarche :

  La participation à un concours nous paraît toujours présenter un double intérêt :
- orienter une activité de longue durée nécessitant une appropriation, une progression et permettant d’arriver à un « produit fini » le plus satisfaisant possible.
- faire sortir des murs ce qui ressemble à une évaluation et, quand cela se présente, rencontrer des jeunes venus d’ailleurs, confrontés aux mêmes exigences ; ce qui renforce par ailleurs le sentiment d’un parcours de classe commun, voire solidaire.
Pourquoi un concours-photo ? Parce que nous cherchons par différentes voies à développer la lecture de l’image (cinéma, peinture, arts plastiques), à familiariser les élèves avec la presse : image et texte pour prendre conscience qu’il s’agit chaque fois d’une « écriture ».
Dans le cas de cette session du concours s’ajoutait une difficulté inédite : la question du « hors-champ » qui, plus qu’un thème, était avant tout une problématique photographique. L’approche en a été difficile pour nos élèves de seconde. C’est pourquoi nous avons abordé la chose en leur faisant prendre conscience qu’on pouvait porter divers regards sur la réalité et qu’on pouvait la donner à percevoir de diverses façons aux autres. (Comment le contexte d’un portrait en change la portée ; comment une image de presse peut construire le récit du réel de différentes façons…).
Puis est venu le hors-champ avec toutes les questions et les fausses pistes autour des photos proposées pour se familiariser avec la problématique. La meilleure compréhension de ce que cette technique pouvait n’être pas qu’un jeu d’optique, est venue des images de Mathieu Pernot autour des prisons ou Patrick Zachmann sur les immigrés Maliens.

Lycée Le Castel, Club UNESCO

Dijon

Prix du CLEMI

le titre de la photo : Hors route

Le CLEMI récompense le lycée Le Castel à Dijon pour la photo Hors route parce que « cette photo nous propose une réflexion, au sens premier du terme, sur le regard, au cœur de l'événement. Outre ses talents artistiques, elle exprime un parti pris sur l'actualité, elle décentre l'attention de ces élèves réunis par un projet commun et plongés dans une réalité que beaucoup découvre. Elle est à la fois le témoignage de l'expérience vécue par ses élèves et changement d'angle: que voyons nous ailleurs que dans le champ de notre regard alors même que nous sommes pris par l'aventure, semblent nous dire ces apprentis reporter ? Le rétroviseur nous rappelle que le premier filtre de la photographie est nos représentations et que le regard sur le monde est un jeu de miroir. Mais également, comme toute information, il nous montre un instant de l'aventure humaine, aventure collective que cette '"caravane" de bus nous suggère.»

le titre de la photo : Ismaël

le texte d’intention des élèves :

 

Pour chercher les idées de photos, c’est l’image du reflet qui a été la plus facile à comprendre, ainsi que celle de l’ombre.
On a cherché des reflets dans les vitres, mais il n’y en a pas beaucoup au Sénégal, et comme on a passé beaucoup de temps dans le bus, on a regardé dans le rétroviseur.
La première photo (Hors route) a été prise pendant le trajet, elle montre en reflet de ce qu’il y a d’extraordinaire derrière le bus et qu’il y a des choses intéressantes sur le bord de la route, mais il n’y a que la personne dans le bus qui les voit.
La deuxième photo (Ismaël) a été prise à l’arrêt. Elle montre le reflet du paysage sur le bord de la route et le reflet à peine visible du visage d’Ismaël, qui a fait tout le voyage avec nous.

la démarche :

 

Le concours photo a été présenté aux jeunes du club dès le premier trimestre, en nous appuyant sur la présentation du thème mise sur le site de la FFCU.
Nous avons choisi le voyage de rencontre avec nos partenaires sénégalais en février pour le mettre en œuvre.
Le hors champ, pour les accompagnateurs, c’était aussi le décalage entre ce que les jeunes s’attendaient à voir, ce qu’ils ont vu, et ce qu’ils auraient pu voir.

le choix de la photo :

  Chaque photo a été sélectionnée par son auteur et placée sur Picasa.
Il y avait de très belles photos, mais elles ne parlaient pas forcément à ceux qui n’étaient pas du voyage.
Le choix s’est fait par élimination progressive en discutant sur ce qui était le plus conforme au thème.

Lycée Paul Le Rolland, Drancy
Classe MODAL

Professeur d’Education Artistique :
Emmanuelle DELORME
Professeur Principal :
Samia HAMACHE
Coordonnatrice Mission Générale d’Insertion :
Carole BOERY

 

Prix de la FFCU

le titre de la photo: Wagon

La FFCU récompense le lycée Paul Le Rolland à Drancy pour la photo wagon pour « le caractère nécessaire de ce témoignage que le hors-champ rend évident : le devoir de mémoire et l'engagement civique apparaissent aussi nettement que les horreurs que les portes d'un wagon n'arrivent pas à occulter. L'usage du noir et blanc rend intemporelle la dénonciation et souligne la nécessité d'une vigilance constante de notre part pour faire barrage à toute disparition programmée de l'être humain ».
le titre de la photo: Dattier
le texte d’intention :
  « Toutes les images me racontent une histoire, mais il y a celle que je vois et celle que je me raconte à moi. »
« Les images ont une histoire, la leur, je crois, mais celle que je préfère, c’est la mienne, celle qui rencontre mon histoire à moi. »
« Je vois des choses dans l’image, mais ce qui compte, c’est ce que je ressens moi et qui n’est pas dans le cadre de la photo. »
« Je ne sais pas ce que cette image veut dire en vrai, mais je sais ce qu’elle veut dire pour moi. »
« Je suis gênée quand il n’y a pas de titre, parce que je suis perdue, j’aime mieux quand j’ai des indices, les mots orientent mon regard. »
« A force de voir les choses, je ne vois plus rien, alors, c’est ma tête qui invente et qui remplace mes yeux. »
« Je voudrais faire une image où tout le monde verrait la même chose, mais je ne sais pas si c’est possible ? »
« Quand on fait une photo avec des mots dedans, on croit que c’est plus facile parce que les mots sont dans le dictionnaire et pas les images, mais je me demande si tout le monde comprend les mots de la même façon ? »
« Les mots, ils font sortir de l’image parce qu’il nous emmène ailleurs avec la tête ! »
Le choix des photographies :
« Moi, je ne sais pas ce que c’est qu’une bonne photo à part le côté technique… S’il y avait des trucs, ça se saurait ! »
« Pour moi, la meilleure, c’est celle qui fera qu’on ne passera pas pour des bouffons, il faut qu’elle soit jolie et intelligente, qu’elle ne parle pas trop de nous pour parler un peu plus à tout le monde. »
« Il faut qu’elle fasse rêver, décoller du quotidien, la photo, sinon, on s’ennuie. »
« Moi, je choisirais la photo qui parle de l’Histoire parce que cette histoire là, tout le monde la connaît. Et puis, pour moi, il faut qu’elle fasse passer un message sinon c’est juste décoratif ! »

la démarche :

  La classe « Modal » qui a été inscrite sur mon initiative à ce concours est une classe au profil atypique puisqu’elle réunit des élèves en remobilisation et recherche de projet scolaire ou professionnel. Composée d’élèves généralement absentéistes, démotivés ou au profil peu scolaire, elle nécessite des projets concrets et valorisants qui permettent aux élèves d’ouvrir le champ scolaire sur d’autres pratiques.
Après une première phase de travail (écrit et photographique) sur l’image de soi, il a été proposé aux élèves de découvrir les différents aspects (historiques et techniques) de l’image. Découverte à l’issue de laquelle les élèves ont expérimenté, seuls, d’autres approches de la prise de vue que ceux vers lesquels ils s’orientent naturellement.
Le volume horaire de l’atelier artistique que j’anime dans le cadre de la classe MODAL (une heure trente par semaine) et la contrainte lourde, mais nécessaire, des six semaines de stage en entreprise, m’a contrainte à aborder la notion de hors-champ de manière dirigée et contrainte. Travaillant avec la classe sur le journal de bord et les rapports entre l’écrit et l’image, j’ai conduit les élèves à orienter leur regard, et leurs clichés, vers un hors champs suggéré par les mots. Le public de la classe étant, comme la plupart de nos élèves, submergés par les messages publicitaires qui envahissent le quotidien, nous avons travaillé sur les notions de connotation et de dénotation que ces « écrits diégétisés » pouvaient engendrer.
le choix de la photo :
 

- Celle du wagon des déportés de Drancy puisqu’elle porte une histoire de la ville forte, douloureuse mais qu’elle reste lisible. Le message est fort et pédagogique et remise l’image contemporaine de la banlieue et de ses habitants dans un autre imaginaire, plus sérieux et moins caricatural de l’avis des élèves.
- Celle des bords du canal et de son panneau « Dattier » qui se reflète dans l’eau car de l’avis général, elle transfigure le quotidien en entraînant le spectateur vers un ailleurs plus exotique qui pour beaucoup de ces élèves est celui de leurs origines.


Lycée François 1er , Fontainebleau
atelier artistique


Philippe Hébrard

Le titre de la photo : select Louise

la démarche :

 

les élèves de l'atelier participaient à un concours sur le château de Fontainebleau, d'où l'idée d'associer les thématiques le "hors champ" et "miroirs du château" qui était le thème retenu.
- dans le cadre de l'atelier, nous avons fait travailler les élèves sur le style documentaire et la production finale est un ensemble de photos associant un regard double Fontainebleau avant / Fontainebleau aujourd'hui. Les élèves ont à partir de photos anciennes de Fontainebleau refait les mêmes photos aujourd'hui. Nous voulions faire la même chose avec le château mais malheureusement nous n'avons pas trouvé de vieilles photos satisfaisantes. De ce fait les photos pour le concours "hors champ" ont été faites spécifiquement ; en témoigne la
photo avec le miroir.
- l'auteur de ces deux photos avait prévu un ensemble miroirs différents pour composer ces photos et ainsi se prêter à ce double cahier des charges du miroir et du hors champ.


Lycée Albert 1er , Monaco

Marc Biancheri

 

Prix de la DAAC

le titre de la photo :Oppositions et perception
La DAAC récompense le lycée Albert 1er de Monaco pour la photo Oppositions et perceptions pour « l’affirmation d’un travail collectif, et la prise en compte des contraintes techniques de la prise de vue (le temps) qui offre un présent arrêté et un présent qui s’efface ; la présence et l’absence questionnent bien le champ de l’image et son hors-champ, offert à la perception du spectateur »
la démarche :
 

J'ai choisi de travailler avec ce groupe d'une douzaine d'élèves à la façon d'un club photo. Après avoir fait un peu de technique (nécessaire pour la plupart d'entre eux), nous nous sommes réunis régulièrement. Les élèves réalisaient leurs photos entre chaque séance et, pendant ces dernières, les images étaient visionnées et critiquées. Ainsi, à la fin de chaque réunion, chaque élève savait ce qu'il devait améliorer pour la fois suivante. Ce dispositif leur a permis de progresser au niveau de la technique et des règles de composition tout en développant leurs idées sur le thème du concours.

Le texte d’intention des élèves :
 

M. Biancheri venait de nous expliquer l'effet de la vitesse d'obturation sur le rendu d'une photo et Myriam (Aarras) a eu l'idée de mélanger des personnages nets et flous. Tout est parti de là et l'idée de réaliser une image fondées sur des oppositions a progressivement germé. Opposition cinétique, opposition chromatique, opposition spatiale ; nous avons voulu construire notre image pour que la perception visuelle qui en résulte entraîne le regard du spectateur hors du champ et l'interroge.

le choix de la photo :
  Le nombre d'images étant limité à deux, nous avons assez vite décidé qu'une des deux images devait être une oeuvre collective, illustrant le travail de l'ensemble de notre groupe. Cette photo étant la seule que nous ayons réalisée tous ensemble, sa sélection s'est imposée d'elle-même. Et ça tombe bien car elle nous plaît beaucoup !
Le titre de la photo : "L'âme du miroir"

Texte d'intention :

  Lors d'une de nos premières réunions, M. Biancheri nous avait montré des photos de reflets en nous expliquant leur lien avec le thème du concours. Passionnée de photo et, plus particulièrement, de portraits, j'ai décidé de conjuguer portraits et reflets dans une série d'images que j'ai réalisée avec deux amies qui m'ont servi de modèles.
le choix de la photo :
  Elisa est sans conteste la plus douée du groupe et ses photos ont été des coups de coeur successifs. Nous avons sélectionné celle-ci , avant tout, pour son côté étrange et énigmatique mais aussi pour ses multiples niveaux de lecture dans lesquels on se perd avec plaisir.

Lycée Olympe de Gouges Noisy le sec

1ère L option arts plastiques


Didier Vignon, arts plastiques


le titre de la photo : l’invitation au voyage

la démarche :

 

Nous avons d'abord travaillé sur le thème du
reflet avant d'aborder le hors- champ. Le choix des travaux s'est fait
de manière informelle.

le texte d’intention des élèves :

 

Ce travail a beaucoup évolué. Je voulais d'abord photographier de nuit quelqu'un sur un quai derrière un panneau publicitaire, mystérieusement illuminé. Mais cela n'a pas été réalisable.
J'ai conservé le sujet de la gare de nuit et réalisé une série de photos à la gare de Pantin, ma gare. C'est en cours d'arts plastiques que m'est venue l'idée d'ajouter une référence, un poème de Baudelaire, l'invitation au voyage parce que les trains qui passent me font rêver. Je n'ai pris que deux vers, le refrain: Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Sur la photo le quai qui se perd dans la nuit me fait penser aux canaux du poème...

Le texte d’intention de Mirella Valloir

le choix de la photographie :
  1. Au fil des semaines des photos arrivent.
2. Le jour des portes ouvertes du collège, nous les affichons sur un fil à linge avec des pinces (effet garanti). Les visiteurs et les parents pourront ainsi découvrir nos travaux et nous aider à choisir.
3. La photographie précise que nous avions prévu de réaliser (tracteur garé au centre ville) n’a pas pu être réalisée avant la clôture du concours , nous avons donc choisi parmi les 8 photos proposées.
le titre de la photo : Sans titre.

le texte d’intention de l'élève

 

On peut considérer cette image comme un autoportrait. Le sérieux,
l'attention d'un côté, la tentation du désordre de l'autre.
Le rapport avec le hors champ: le jeu avec les limites.


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collèges
lycées

 

 

 


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© Académie de Créteil - Action culturelle - vendredi 11 juin, 2010 15:31